Entreprises et développement durable : mobilisation générale

Deux ans après l’adoption des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies, quel constat pouvons-nous faire de la contribution des entreprises françaises à ces enjeux mondiaux ? Quel rôle pour la RSE ?

Les Objectifs de développement durable (ODD) ont été définis et adoptés par la communauté internationale. La mise en place de plans d’action pour répondre à ces 17 enjeux mondiaux est une nécessité absolue pour un monde plus durable d’ici à 2030. Ce programme des Nations Unies est une priorité sociale et environnementale qui vise à éradiquer l’extrême pauvreté, assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, parvenir à l’égalité des sexes, lutter contre le changement climatique et l’érosion de la biodiversité, créer des villes et communautés durables…

Il est certes ambitieux mais nécessaire ! Sa réussite dépend en effet de la contribution de l’ensemble des acteurs, tant privés que publics. La mise en œuvre et le suivi des ODD en France repose sur différents axes d’action tels que la sensibilisation aux ODD ou la mobilisation des différents acteurs de la société. L’étude 2017 sur la prise en compte des ODD par les entreprises, publiée par la société de conseil en développement durable B&L évolution, en collaboration avec le ministère de la Transition écologique et solidaire et le Global Compact France, révèle que les entreprises sont de plus en plus mobilisées dans l’atteinte de ces Objectifs, pas uniquement les multinationales. Le défi de contribution des ODD sera-t-il relevé par le monde économique ?
« Nous constatons que les ODD s’invitent de plus en plus dans les stratégies de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) et qu’ils ne sont pas réservés aux seules grandes entreprises multinationales, puisque des TPE et PME ont indiqué leur engagement et leurs actions », indique Sylvain Boucherand, co-fondateur de B&L évolution.

Des entreprises de plus en plus mobilisées

Un constat encourageant ressort de cette étude : plus d’un tiers des entreprises du SBF 120 (les plus grandes capitalisations boursières françaises) sont mobilisées pour les ODD, ainsi que les TPE et PME ou encore les entreprises publiques. Les modes d’engagement varient selon les entreprises, en fonction des projets mis en place ou des méthodes d’analyse de leur contribution. Les actions réalisées par les entreprises sont par exemple :
– en interne : formation de l’équipe dirigeante, modification des modes de production et de management…
– en externe : avec la mise en place de partenariats spécifiques en lien avec les ODD, d’actions de mécénat ou encore d’innovation dans les biens et services pour proposer des solutions concrètes et ainsi répondre aux défis posés par les ODD.
La valorisation de la démarche Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est la première étape pour valoriser sa contribution aux ODD choisie par la majorité des entreprises étudiées. Mais pour garantir leur atteinte, il sera nécessaire d’aller plus loin que la simple communication en innovant et transformant ses pratiques et en réorientant sa stratégie.
Les secteurs qui voient le plus d’entreprises engagées par la proposition de nouveaux produits ou services sont ceux de l’industrie manufacturière, de la banque-services financiers, de la construction-immobilier-hôtellerie et de la santé-alimentation. Ces entreprises sont également investies par la définition d’objectifs chiffrés ou de matrice de matérialité qui vient appuyer le travail de priorisation des actions et de reporting.

Quelles perspectives pour le secteur privé ?

Les 88 entreprises (tous secteurs et toutes tailles) ayant participé à l’enquête estiment que l’Agenda 2030 va devenir important, voire stratégique, pour leur cœur de métier d’ici trois à cinq ans. En effet, la moitié d’entre elles souhaitant s’investir durant cette période, considèrant les ODD comme un sujet phare de leur stratégie.
Mis à part le secteur des transports, tous les autres secteurs sont des entreprises du SBF 120 engagées, voire très engagées, comme LVMH, Carrefour, Schneider Electric, BPCE, Solvay, Veolia, Gecina, le CNES, La Poste ou l’AFD… Les modes d’appropriation et d’actions diffèrent d’une entreprise à l’autre. Certaines lancent des nouveaux produits ou services destinés à résoudre un défi posé par les ODD, d’autres développent des partenariats avec leurs parties prenantes, d’autres enfin valorisent ou renforcent leur démarche RSE.
Une attente est exprimée par des entreprises ayant répondu à l’enquête : elles souhaitent entre autres la mise en place d’une feuille de route et d’objectifs précis et chiffrés aussi bien au niveau national que local.
Pour Sylvain Boucherand : « La prochaine étape, pour les entreprises qui souhaitent être pionnières, sera de prendre des engagements forts dans une stratégie intégrée pour contribuer à ces enjeux sociétaux, d’innover et transformer leur modèle économique pour favoriser l’atteinte des ODD. Le virage est en train d’être pris ! »
Les entreprises qui veulent être pionnières dans cet engagement devront innover et transformer leur modèle économique pour aller vers la durabilité !
SOURCE : UP MAGAZINE
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